MICHEL PICCOLI

© Jean Latko - Krysalide Diffusion

Cher Michel,

Nous avons appris votre départ, le cœur vraiment lourd.

Régulièrement pendant plusieurs années, nous vous invitions à venir à Lille comme invité d'honneur du festival Cinémondes. Que de fax avons-nous échangé...
Et en avril 2012, vous avez pu venir présenter les films que vous aviez écrits et réalisés. Votre court métrage "Train de nuit" (1994), et vos trois longs métrages "Alors voilà" (1997), "La Plage Noire" (2001) et "C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvée" (2005).

Une œuvre simple, généreuse, qui nous bouleverse. Un univers singulier, un peu étrange, familier et familiale. Une œuvre très libre. Comme son auteur. Un géant sans agent. Un acteur devenu auteur-réalisateur par pure passion !

« Depuis mes débuts, j'ai toujours été passionné par les gens qui sont derrière la caméra. Lorsqu'on n'a plus besoin de moi, je suis incapable d'aller dans ma loge et de m'y installer. Je suis toujours à fureter sur le plateau, à regarder l'équipe s'activer, à observer le chef machiniste. J'éprouve une vraie curiosité pour la caméra, qui m'a toujours séduit, qui ne m'a jamais encombré... Cela me titillait donc depuis longtemps (...) »

Vos films sont peu connus du grand public. Des films sortis avec quelques copies seulement, comme la plupart des jeunes auteurs indépendants qui se battent pour faire exister leurs films au milieu des grosses machines commerciales. Vos trois longs métrages ont souvent reçus les honneurs de la critique mais un accueil partagé de la part du public, ce qui ne vous a jamais déplu...

« Je ne veux pas être élitiste, mais je sais que je serais incapable de réaliser quelque chose qui plairait au plus grand nombre ».

A Lille, vous êtes venu avec votre merveilleuse fine équipe : Sabine LANCELIN (directrice de la photographie), Catherine QUESMAND (monteuse), les actrices Elisabeth MARGONI et Michèle GLEIZER, l'acteur Roger JENDLY, ainsi que Ludivine CLERC, co-auteur de vos deux derniers films.

Un week-end que nous n'avons jamais oublié... Votre douceur, votre humour, vos coups de gueule, votre générosité et votre découverte de la rince cochon. Et le grand bonheur aussi d'avoir pu vous réunir tous les sept à Lille.

Merci à Gilles Porte et Sabine Lancelin d'avoir permis ce week-end spécial d'avril 2012 dont voici quelques extraits, pour le plaisir :

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Reposez en paix cher Michel. Nous, c'est une rince cochon à la main, que nous allons revoir vos films, où, pour notre plus grand bonheur, vous faites l’éloge de l’indiscipline !

L'équipe de Cinémondes